La présence de pesticides ne se limite pas aux sols agricoles ou aux aliments : ces molécules circulent également dans l’atmosphère. En Corse comme ailleurs en France, les campagnes de mesure menées par les associations de surveillance de la qualité de l’air permettent aujourd’hui de mieux comprendre quelles substances sont réellement présentes dans l’air que nous respirons.
Des substances parfois interdites mais toujours présentes
Les analyses menées en Corse ont mis en évidence la présence de plusieurs familles de substances. Parmi elles figurent encore des molécules aujourd’hui interdites, comme le lindane, un insecticide ancien particulièrement persistant dans l’environnement.
D’autres composés sont retrouvés de manière plus régulière, notamment :
- le folpel, un fongicide utilisé principalement en viticulture
- le chlorpyriphos-méthyl, un insecticide organophosphoré aujourd’hui fortement restreint
Ces substances apparaissent parfois à des concentrations supérieures à 1 ng/m³ lors des périodes de pic, tandis que la majorité des autres molécules se situe à des niveaux beaucoup plus faibles, souvent inférieurs à 0,1 ng/m³.
Une exposition encore mal encadrée
L’un des points importants mis en avant par les organismes de surveillance est l’absence, à ce jour, de valeurs réglementaires harmonisées pour les pesticides dans l’air. Contrairement à d’autres polluants atmosphériques (particules fines, ozone, dioxyde d’azote), il n’existe pas encore de seuils de référence sanitaires clairement établis. Cela signifie que les données disponibles servent surtout à documenter l’exposition environnementale et à améliorer la compréhension des phénomènes, sans permettre systématiquement de conclure à un risque sanitaire direct pour chaque situation mesurée.
Un enjeu environnemental et sanitaire en évolution
Même à faibles concentrations, la présence de pesticides dans l’air interroge les scientifiques et les autorités sanitaires. Certaines molécules sont suspectées ou reconnues comme ayant des effets perturbateurs endocriniens, cancérogènes ou reprotoxiques, selon leur nature et leur niveau d’exposition.
Ces travaux alimentent progressivement les réflexions de santé publique et de régulation, notamment via l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui cherche à établir des repères plus précis pour mieux encadrer cette pollution diffuse.

